Emmanuel Mahé dans Le Quotidien de l’Art : un panorama  international de la recherche par l’art et le design

Dans une interview publiée récemment dans Le Quotidien de l’Art, Emmanuel Mahé, Sidsel Christensen et Karen Werner* partagent leurs analyses avec la journaliste Jordane de FaŸ. Leur échange dresse un panorama international de la recherche par la création, où SACRe, lancé dès 2012, s’impose comme un modèle pionnier en France avec près de 100 artistes et designers diplômé•es et 40 doctorant•es. Ce programme a progressivement inspiré d’autres initiatives en France et rayonne aujourd’hui à l’international, avec par exemple des coopérations avec Harvard ou bien encore les écoles d’art Suisses. Les projets doctoraux SACRe en art et design, comme ceux développés au sein d’EnsadLab — tels que les travaux d’Audrey Brugnoli (prothèses éthiques pour l’hôpital Necker) ou la soutenance-performance de Raphaëlle Kerbrat au Centre Pompidou — illustrent comment SACRe réinvente les liens entre art, science et société.

Un écosystème hybride pour répondre aux défis contemporains

Ces coopérations interdisciplinaires démontrent que les projets issus de SACRe, à l’interface des écoles scientifiques de PSL et des centres de recherche, apportent des réponses concrètes aux enjeux sociaux, technologiques et environnementaux. « Ce dialogue entre savoirs exogènes et pratiques artistiques est essentiel pour innover autrement », souligne Emmanuel Mahé. En associant recherche académique, partenariats industriels et acteurs publics, SACRe crée des écosystèmes puissants, où la création devient un levier d’innovation et de transformation.

Un enjeu de compétitivité pour les écoles françaises

L’article révèle une réalité contrastée : si la France brille par sa créativité, elle reste en retard en termes d’investissements face à des pays comme la Chine ou les États-Unis, où les financements publics et privés dans l’innovation interdisciplinaire sont beaucoup plus massifs. « Pour rester compétitives, nos écoles ont besoin d’une stratégie nationale ambitieuse », alerte Emmanuel Mahé en complément de l'article. « Il ne s’agit pas seulement de financer des projets, mais de reconnaître l’art, le design et l'architecture comme des acteurs centraux de l’innovation. » L’alignement des moyens sur cette vision reste à construire — c’est le message en filigrane de cet article.

* Emmanuel Mahé est chercheur, codirecteur du laboratoire et du programme doctoral SACRe de l’Université PSL et directeur de la recherche de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs-PSL ;  Sidsel Christensen est artiste-chercheuse norvégienne ; et Karen Werner (professeure au Mozarteum de Salzburg.


In a recent interview published in Le Quotidien de l’Art, Emmanuel Mahé, Sidsel Christensen, and Karen Werner* share their analyses with journalist Jordane de Faÿ. Their discussion offers an international overview of research-creation, where SACRe — launched as early as 2012 — stands out as a pioneering model in France, with nearly 100 graduating artists and designers and around 40 doctoral candidates. The program has gradually inspired other initiatives in France and now has an international reach, including collaborations with Harvard and Swiss art schools. SACRe doctoral projects in art and design, such as those developed within EnsadLab — including Audrey Brugnoli’s work on ethical prosthetics for Necker Hospital or Raphaëlle Kerbrat’s performance-defense at the Centre Pompidou — illustrate how SACRe is redefining the links between art, science, and society.**

A hybrid ecosystem addressing contemporary challenges

These interdisciplinary collaborations demonstrate that projects emerging from SACRe, at the intersection of PSL’s scientific schools and research centers, provide concrete responses to social, technological, and environmental challenges. “This dialogue between exogenous knowledge and artistic practices is essential to innovate differently,” emphasizes Emmanuel Mahé. By bringing together academic research, industrial partnerships, and public stakeholders, SACRe creates powerful ecosystems in which creative practice becomes a driver of innovation and transformation.

A competitiveness challenge for French schools

The article highlights a contrasted reality: while France shines through its creativity, it lags behind in investment compared with countries such as China or the United States, where public and private funding for interdisciplinary innovation is far more substantial. “To remain competitive, our schools need an ambitious national strategy,” adds Emmanuel Mahé alongside the article. “It is not just about funding projects, but about recognizing art, design, and architecture as central actors in innovation.” Aligning resources with this vision remains a challenge — the underlying message of the article.

* Emmanuel Mahé is a researcher, co-director of the SACRe laboratory and doctoral program at PSL University, and Director of Research at the École nationale supérieure des Arts Décoratifs-PSL; Sidsel Christensen is a Norwegian artist-researcher; and Karen Werner is a professor at the Mozarteum in Salzburg.

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