Les doctorants d’EnsadLab bénéficient d’un environnement de recherche double : à l’EnsAD et à l’Université. Actuellement, sept doctorants et une post-doc sont financés par PSL et une doctorante ainsi qu’un post-doctorant sont financés par le Labex Arts-H2H.

Dominique Peysson

Ce qui nous touche, ce que nous touchons : les matériaux émergents à l’épreuve de l’art contemporain. De nouvelles formes de rencontre des sensibilités entre l’homme et la matière.

Thèse de Doctorat en Arts plastiques

Sous la direction de Mme Olga Kisseleva. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UFR Arts Plastiques et Sciences de l’Art, Institut ACTE – laboratoire Art & Sciences

Soutenue le 10 décembre 2014

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre St Charles, accompagné de l’exposition Water At Work.
Mention très honorable avec les félicitations du jury.

Jury

Mme Olga Kisseleva, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, M. Ivan Toulouse, Professeur, Université de Rennes 2, M. Jean-Paul Fourmentraux, Professeur, Université d’Aix Marseille, M. Denis Briand, Professeur, Université de Rennes 2, M. Jean-Marc Chomaz, Professeur, École Polytechnique.

Dominique Peysson est chercheure associée EnsadLab et responsable de l’axe « matériaux émergents / physical media ». Elle a été étudiante-chercheure EnsadLab de 2011 à 2014.

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Résumé de la thèse

La matière émergente conçue aujourd’hui dans nos laboratoires est astucieusement efficace : les scientifiques s’inspirent des agencements « intelligents » que la matière vivante a optimisés au fil des générations, ou structurent l’infiniment petit pour atteindre des propriétés jusque là inimaginables. Alors qu’un art de l’immatériel s’est développé depuis le vingtième siècle, cette nouvelle matérialité renouvelle pour l’art contemporain sa manière d’aborder le très ancien couple hylémorphique matière/forme. L’artiste sculpte non pas la forme extérieure, mais les sous-structures internes de la matière, non pas l’objet mais ses propriétés. Prenant acte de son passage par le monde des idées, la matière se pose comme présence à la fois tangible et immatérielle, matière et matière grise. Une matière « qui a un poids, qui a un cœur », pour reprendre l’expression de Gaston Bachelard, et dont le toucher – de l’effleurement poétique à la tactilité contenante, de l’enlacement amoureux à l’écrasement destructeur – peut nous toucher au plus profond. Une substance performeuse, puisque performante et active, dont l’intense présence et la capacité d’étrangéisation du réel éveillent des sentiments esthétiques d’une grande richesse. Elle se fait responsive pour donner corps à des œuvres interactives d’un autre genre, avec lesquelles nous entrons en relation directement par le langage de la matière, sans passer par le numérique. Une matière à penser, puisque notre pensée est d’abord corporelle. Penser par exemple les limites de la matière, à l’aube de notre marche vers le vivant artificiel.